“CV de Cameron : Cameuse sur les plateformes puis cameuse indépendante” lu à haute voix par Sweet Cameron

Bonjour tout le monde !

C’est avec un peu de retard que je reprends le projet d’écrire mon CV de travailleuse du sexe !
En février dernier, dans un article intitulé « CV de Cameron : webcam, massages, agence, bordel et indépendance« , j’écrivais mon envie de faire un point sur ma situation professionnelle et mon parcours au sein de l’industrie du sexe.

Aujourd’hui, je vous en dis davantage sur mes expériences en tant que cameuse.

Note importante : mon parcours n’est pas typique. Le parcours d’aucune travailleuse du sexe ne l’est. Nous avons toutes nos histoires et nos expériences.

Ceci étant dit, c’est parti !

I – Nouvelle cameuse

Mes premiers pas sur Cam4

Ma toute première expérience dans l’industrie du sexe était en 2008 sur une plateforme de webcam appelée Cam4. Celle-ci existe toujours aujourd’hui. J’avais 18 ans et venais de déménager d’Écosse en Angleterre. J’espérais y trouver du travail plus facilement.

Et effectivement, dans les alentours de Londres, du travail j’en ai trouvé. J’ai fait énormément de baby-sitting, de ménage et j’ai donné quelques cours de français. Tous ces petits salaires mis bout à bout me permettaient de vivre et de payer mes factures. Mais les fins de mois étaient difficiles.
Mon anglais s’améliorant de jour en jour, j’ai pensé postuler pour un job alimentaire dans un quelconque fast-food. Finalement, je ne l’ai jamais fait.

Je ne me souviens absolument pas de ce qui m’a donné l’idée de faire des cams. Sans doute un soir, alors que je regardais une série en streaming avant de me coucher, je suis tombée sur une pub et j’ai cliqué dessus par curiosité. Ce dont je me souviens, c’est la difficulté de comprendre le site et son fonctionnement. Je ne connaissais alors aucune travailleuse du sexe et n’avait personne à qui demander comment faire.

Le fonctionnement d’une plateforme

Pour ceux d’entre vous qui n’ont jamais acheté de cam sur une plateforme, voilà comment ça fonctionne :

– Le client se crée un compte et achète des jetons.
– Il sélectionne une cameuse de son choix parmi celles qui sont disponibles.
– Si les deux trouvent un accord, ils passent dans un mode privé, il dépensera alors un certain nombre de jetons en fonction de la durée du show.
– La plateforme convertit les jetons en argent et envoie la somme à la cameuse, moins une commission de 20%.

Expliqué comme ça, cela a l’air relativement simple. Mais à l’époque c’était très nébuleux pour moi. Et je me suis fait avoir quelque fois sur le montant des jetons, pensant qu’un jeton était égal à une certaine somme et me trompant sur celle-ci.

II – Devenir indépendante

La déception du travail sur la plateforme

J’ai travaillé quelques semaines uniquement sur Cam4. Mes salaires étaient très bas. J’étais nouvelle, je n’avais pas de connaissances en communication et donc ma publicité et visibilité étaient inexistantes.

Très vite des clients m’ont proposé de faire des shows sur Skype plutôt que sur Cam4 et de me payer par PayPal. Pour les clients, le prix était le même. Mais cam4 ne prenait pas les 20% de commission habituelle ce qui augmentait mes revenus.

Il faut savoir que c’est un motif de bannissement de débaucher leurs clients. Car les clients qui me regardaient sur Cam4 n’étaient pas les miens mais bien les leurs. Des modérateurs sont d’ailleurs présents sur le site et vont de show cam en show cam pour veiller à ce que leurs règles soient scrupuleusement respectées.

De cette façon, je me suis fait un jour bannir une heure car j’avais quatre doigts dans mon vagin et que le fist n’était pas autorisé sur leur site. Cette expérience montre bien que les règles sont arbitrairement appliquées et qu’aucune cameuse n’est à l’abri d’un modérateur un peu trop zélé.

Me lancer en indépendante

Après quelques shows sur Skype en indépendante, j’ai décidé de travailler pour trouver ma clientèle et abandonner la plateforme. J’ai dû y faire quelques apparitions par-ci par-là les mois qui ont suivi lorsque j’avais besoin de trouver rapidement un client, sans avoir le temps de le chercher par petites annonces.

Aujourd’hui, cela fait plusieurs années que je ne me suis pas connecté à mon compte. Je ne sais même pas s’il est toujours actif.

Il a donc fallu apprendre le vocabulaire spécifique au milieu, à rédiger des annonces, à déjouer les pièges pour éviter les bannissements, à gérer les fantasmeurs, les agressifs, les timides, à vendre mes services, à faire la comptabilité, à créer une entreprise et encore tant d’autres choses.

Cela a été un travail colossal. Mais aujourd’hui encore toutes ces connaissances me sont essentielles dans mon activité.

III Le bonheur de travailler pour moi

La transition

Une fois la transition de Cam4 à indépendante faite, j’ai pu commencer à apprécier mon travail. J’ai gagné un peu mieux ma vie, ce qui m’a permis d’investir dans du matériel de meilleure qualité. J’ai notamment pu acheter une webcam externe, ce qui est la base pour une cameuse.

J’ai pu développer des relations plus riches avec mes clients mais surtout avec mes collègues. Le fait de ne pas être sur le même site, qui fonctionne comme un catalogue et nous met en concurrence directe, m’a permis de commencer à discuter avec elles. La communauté des travailleuses du sexe est riche et solidaire, mais je n’ai découvert cette solidarité qu’après avoir quitté Cam4.

Le pouvoir de la créativité

Enfin j’ai pu commencer à développer le côté créatif de mon travail. L’environnement de la plateforme ne me permettait pas de me sentir assez libre pour laisser aller mon imagination et produire du contenu original.

Le processus pour trouver un client : parler avec lui, de ses attentes, de ses désirs, faire un petit compte rendu après notre cam, a stimulé mon imagination comme aucune autre activité auparavant.

Les idées ont commencé à fuser dans mon cerveau. Plus jamais ça ne s’est arrêté et aujourd’hui encore je note des dizaines d’idées par jour de shootings photos, de show cam et de vidéos.

CONCLUSION

Je ne voudrais pas être ingrate. Bien que le travail sur les plateformes ne m’ait pas plu, je leur suis très reconnaissante de m’avoir ouvert la porte de l’industrie du sexe. Je pense également que certaines collègues s’épanouissent sur ces plateformes, même si ça n’est pas mon cas.

Je pensais avoir trouvé ma voie, mais le marché des shows cam est saturé. Pour réussir à dégager un salaire correct de cette activité, il faut travailler énormément d’heures et être patiente. Comme n’importe quelle autre entreprise, il est fort probable qu’il faille plusieurs années pour pouvoir en vivre correctement.
Selon mon bailleur, je n’avais pas plusieurs années devant moi car mon loyer devait être payé mensuellement.

Le travail me plaisait. J’avais un pied dans l’industrie du sexe, et étais à l’aise avec le sexe en réel. Je me suis dit qu’il était peut-être temps et judicieux d’envisager de faire des rencontres en plus des cams. Ça sera le sujet de mon prochain article « CV de Cameron » !

J’espère que ce post un peu plus long que d’habitude vous a plu et qu’il vous a donné envie de lire la suite. Il m’a en tout cas donné très envie de l’écrire.

Bisous bisous

Sweet Cameron

1 thoughts on “CV de Cameron : Cameuse sur les plateformes puis cameuse indépendante

  • août 12, 2020 à 10:51
    Permalien

    Au top l’article ! J’avoue qu’en tant que camgirl sur Cam4 je vois bien les inconvénients dont tu parles !

Commentaires fermés.